Sécurité et économicité vont de pair

La sûreté d’une centrale nucléaire doit être garantie à tout moment – même en cas d’erreur humaine ou de panne technique. C’est pourquoi nos centrales nucléaires ont été construites de manière à pouvoir réagir sereinement face à un problème majeur, en disposant de suffisamment de temps pour intervenir.

Cette culture de la sécurité a porté ses fruits. En effet, aucun accident ne s’est produit en Occident en utilisant l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, ayant porté préjudice à l’homme ou à l’environnement de manière avérée en dehors du site. Quoi qu’il en soit, les scientifiques et les ingénieurs travaillent sans cesse à renforcer encore la sûreté de la technique nucléaire.

Prévention pour le pire cas imaginable

Une philosophie de la sécurité particulièrement marquée a rendu les centrales nucléaires des pays industrialisés occidentaux spécialement sûres. C’est ce que révèle une enquête globale menée par l’Institut Paul Scherrer, qui fait partie de l’ETH Zurich (cf. colonne de droite).

Ce niveau de sécurité très poussé est atteint grâce aux mesures suivantes:

  • Premièrement, les centrales nucléaires sont planifiées, construites et exploitées avec le plus grand soin, en vue surtout d’éviter tout dysfonctionnement d’entrée de jeu. Le personnel qui y travaille suit des formations (continues) très complètes.
  • Deuxièmement, les centrales nucléaires sont construites de manière à ce que les incidents, qui humainement parlant ne peuvent être exclus, soient maitrisés par les systèmes de sécurité sans mettre l’homme ni l’environnement en danger. Ces derniers interviennent à différents niveaux, si bien que la sûreté est garantie, même si certains pans ou un système entier tombaient en panne.
  • Troisièmement, les centrales nucléaires de type occidental disposent de plusieurs barrières superposées qui, si le pire survenait, empêcheraient les substances radioactives de s’échapper dans l’atmosphère.
Le principe des barrières multiples

Le principe des poupées russes

Les dysfonctionnements aigus sont peu probables. Toutefois, afin de protéger efficacement l’homme et la nature, même dans un tel cas, les centrales nucléaires sont construites selon le principe des «matriochkas» respectivement «poupées russes». A l’instar des célèbres figurines en bois, des barrières superposées sont érigées pour bloquer la radioactivité. Au cœur du système se trouve le combustible nucléaire aux substances radioactives. L’enveloppe extérieure – le bâtiment du réacteur, en béton de plusieurs mètres d’épaisseur – protège en même temps l’installation contre des menaces extérieures, notamment le crash d’un avion.

Par conséquent, les barrières de sûreté fonctionnent comme des récipients emboités les uns dans les autres. Si l’un d’eux présente une fuite, les autres continuent à assurer la sécurité. Pour que des quantités radioactives dangereuses s’échappent du site, il faudrait que tous les réservoirs à la fois ne soient plus étanches, ce qui n’est guère vraisemblable.

Système multicouches: si un récipient ne remplit pas sa fonction, les autres garantissent la sureté de l'ensemble. (Photo: Forum nucléaire Suisse)

De plus, nos réacteurs sont conçus de manière à ce que, même en cas de dysfonctionnement majeur, l’équipe de service dispose de suffisamment de temps pour intervenir. Quoi qu’il en soit, après un équivalent de plus de 12 000 ans de fonctionnement de réacteurs dans le monde entier, les scientifiques et les ingénieurs travaillent encore de nos jours à améliorer encore ces techniques déjà éprouvées.

[Bild: Une culture de la sécurité qui a fait ses preuves: bien que le cœur du réacteur ait fondu, l’incident nucléaire de Three Mile Island (Etats-Unis) n’a porté préjudice ni à l’homme, ni à l’environnement.]

Tschernobyl et Three Mile Island

Le 26 avril 1986, un grave accident s’est produit dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en ex-Union soviétique, laissant une grande quantité de substances radioactives s’échapper dans l’air. Le dysfonctionnement avait été provoqué par le non respect des directives de fonctionnement de la part de l’équipe de service, débouchant sur une catastrophe pour deux raisons: d’une part, parce que le réacteur endommagé – de type soviétique – présentait des défauts de construction majeurs (qui ne pardonnent aucune erreur) et, d’autre part, parce qu’aucune barrière de sécurité – habituelles sur les centrales nucléaires occidentales – n’avait été érigée. En effet, une installation comme à Tchernobyl n’aurait jamais été autorisée en Suisse.

Le grave dysfonctionnement de la centrale nucléaire de Three Mile Island, aux États-Unis, survenu le 28 mars 1979, est en revanche bien différent. En effet, cette installation est semblable à nos centrales nucléaires et bien qu’une partie du combustible ait fondu, la masse est restée enfermée dans le caisson résistant du réacteur – la deuxième barrière sur cinq. Ni l’homme ni l’environnement n’en ont souffert. La tolérance à l’erreur ainsi que les barrières de sûreté des centrales nucléaires occidentales ont prouvé leur efficacité. Pourtant, la sécurité est sans cesse renforcée, tant dans les installations existantes que dans les nouvelles.

Une culture de la sécurité qui a fait ses preuves: bien que le cœur du réacteur ait fondu, l'incident nucléaire de Three Mile Island (Etats-Unis) n'a porté préjudice ni à l'homme, ni à l'environnement.

Pour de plus amples informations sur les centrales nucléaires modernes, veuillez cliquer ici.

Sécurité et économicité

En utilisant l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, les pays occidentaux n’ont encore jamais eu à déplorer d’accident ayant des répercussions avérées sur l’environnement ou la population. Toutefois, il est crucial que cette culture de la sécurité soit régulièrement contrôlée et réellement vécue.

Au cours des dernières décennies, la fiabilité des centrales nucléaires n’a cessé d’augmenter, sachant que des modernisations améliorent encore les systèmes. En effet, sécurité et recettes vont de pair: seule une installation sûre est économiquement viable.

Entretien minutieux: sécurité et économicité vont de pair. (Photo: KKL)

Protection anti-terroristes

En Suisse, le risque d’attaque terroriste est pris en compte dès la phase de planification d’une centrale nucléaire. Après la catastrophe du 11 septembre 2001 à New York, les autorités de surveillance helvétiques ont effectué des contrôles complets de la sécurité des installations nucléaires en cas d’attaque par un gros avion commercial.

Les résultats montrent que les nouvelles centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt présentent un niveau de protection pratiquement parfait. Quant aux installations affichant de nombreuses années de service, à Beznau et à Mühleberg, elles disposent néanmoins d’un degré de résistance poussé, notamment grâce au système d’état d’urgence spécialement blindé, ajouté avant même les événements tragiques de New York. Les centrales hydrauliques qui sont actuellement construites, pour leur part, sont dotées de mesures de protection encore renforcées si un avion s’écrase.

Si vous souhaitez consulter le rapport détaillé de l’autorité de surveillance IFSN (Inspection fédérale de la sécurité nucléaire, anciennement DSN) sur l’attaque suicide d’un avion, veuillez cliquer ici.

Prévention contre une attaque suicide d'avion: protection grâce à une couche de plusieurs mètres de béton. (Photo: KKG)

Protection antisismique

En Suisse, les centrales nucléaires sont planifiées, construites et perfectionnées de manière à ce qu’elles puissent résister à des tremblements de terre, même importants. Pour ce type d’installation – comme pour les barrages – les mesures en vigueur sont bien plus strictes que pour des constructions normales. Les centrales nucléaires comptent donc en Suisse parmi les bâtiments les plus performants en termes de sûreté face à un séisme (cf. colonne de droite).

En construisant des bâtiments sûrs placés sur des terrains minutieusement sélectionnés, les centrales nucléaires peuvent résister sans dégât majeur à des secousses sismiques importantes.

Protection antisismique, une mission permanente: vérification du sol dans une centrale nucléaire suisse. (Photo: KKG)

La population reconnaît la performance fournie

La population helvétique reconnaît la performance fournie par les centrales nucléaires. En mai 2003, 66,3% des votants se sont prononcés contre l’initiative «sortir du nucléaire». De même, la prolongation de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires pendant dix ans n’a pas été soutenue par la majorité, rejetée avec 58,4% de non.

Des sondages montrent régulièrement que deux tiers des citoyennes et citoyens suisses considèrent les centrales nucléaires comme nécessaires pour la production d’électricité et que plus des trois quart attribuent une bonne note aux installations en termes de sécurité.

La sécurité absolue n'existe pas

Aucun ingénieur sérieux ne peut prétendre que l’énergie nucléaire présente un risque zéro. La sécurité absolue n’existe pas. Il s’agit d’évaluer en permanence les risques et les avantages de manière réaliste. Si nous renoncions à l’énergie nucléaire, nous devrions prendre d’autres risques, bien plus importants, pour assurer notre approvisionnement, les postes de travail et lutter contre la pollution de l’environnement et le réchauffement climatique.

Citons à ce sujet une remarque parue en avril 2006 dans «The Economist» le quotidien économique de renommée internationale: «Quiconque veut éviter un risque minime peut se retrouver confronté à une situation bien pire*.»

*traduction libre

Responsabilité civile illimitée

La loi sur la responsabilité civile en matière nucléaire vient d’être revue et corrigée. Lorsque la révision entrera en vigueur, la couverture d’assurance obligatoire en Suisse, d’1 milliard de francs actuellement passera à 1,8 milliard de francs (cf. colonne de droite).

Le propriétaire d’une centrale nucléaire endosse une responsabilité illimitée et indépendamment du fait que le dégât éventuel ait été provoqué par lui-même ou l’une des sociétés sous-traitantes. Dans le domaine de l’énergie nucléaire, la responsabilité civile est régie en Suisse par l’une des législations les plus avancées au monde.